Deux ans après sa sortie sur l’EP Cocagne, « Rivière glacée » renaît à travers un clip en papiers découpés réalisé par Marion Jamault. Une œuvre visuelle qui prolonge la dimension dystopique du morceau avec une étonnante résonance.
Porté par une poésie psychédélique, le titre imagine un pays de cocagne gangrené par la surconsommation, où l’abondance devient le symptôme de l’agonie du monde. Musicalement, CHAMAYE convoque les couleurs synthétiques des années 80, entre les paysages électroniques de Thylacine, l’héritage de Mylène Farmer et l’énergie hypnotique de la trance.
À l’écran, deux mondes se font face : un paquebot géant vit ses derniers instants de faste tandis que, sous la surface, des créatures marines préparent une naissance. Une lecture libre du morceau qui a pris une dimension troublante lorsque le duo, alors embarqué pendant un mois en mer pour un projet humanitaire, a appris qu’il attendait un enfant. À leur retour, ils découvraient un clip dont le récit faisait justement émerger la vie des profondeurs.
Entre électro, pop psychédélique, witch techno et imaginaire dystopique, CHAMAYE confirme son goût pour les mondes contrastés où l’effondrement côtoie toujours la possibilité d’un renouveau.

