Entre synthwave et mélancolie urbaine : plongée dans l’univers d’ Eleanor Idlewood

Et si la plus grande douleur amoureuse résidait non pas dans la mort, mais dans l’incertitude d’une absence ? C’est tout le pari narratif et émotionnel de « Bennett Tell Me », le nouvel EP de l’artiste. À travers les destins croisés de Bennett et de Marty — un personnage déjà apparu sur l’album Little Secrets —, ce projet explore une histoire d’amour queer teintée de deuil, de dépression et d’attente.

Pensé comme une œuvre profondément cinématographique, le disque délaisse les percussions traditionnelles au profit de textures modulaires, de Mellotron et de field recordings capturés dans les rues de New York. Entièrement écrit, produit, mixé et masterisé par l’artiste seule au sein de l’Argonne Sound Lab — tout en menant de front ses études à Berklee Online —, cet EP s’impose comme une expérience sensorielle immersive, entre synthwave, darkwave et ambiance urbaine crépusculaire. Rencontre avec une musicienne qui façonne les histoires en même temps que les paysages sonores.

1. « Bennett Tell Me » raconte l’histoire de Bennett, contraint de fuir, et de Marty, qui reste et attend. Qu’est-ce qui t’a poussée à raconter une histoire d’amour queer sous cet angle, à travers l’absence plutôt que la présence ?

Je vais raconter le background de la chanson pour y répondre, alors Marty c’est un de mes perso qui était déjà présent sur mon premier album “Little Secrets” en 2020.Bennett par contre, lui il est inspiré de Bennett de Galactik football qui est un Hacker dans la série.Comme je raconte des histoires dans mes musiques j’ai choisi l’absence plutôt que la Présence ,parce que je trouve qu’il y’a beaucoup plus d’émotions à exprimer dans l’absence que la présence.J’ai choisi une histoire Queer,car étant également queer je trouve qu’on à besoin surtout en ces temps.

2. Tu décris ce projet comme le fait de « pleurer une absence plutôt qu’une mort » — peux-tu revenir sur cette phrase et ce qu’elle signifie pour toi émotionnellement ?

Pour moine absence est plus douloureuse qu’une mort, car comparé à la mort où il y’a une certitude on connait la fin on vit au travers de souvenirs , l’absence est une incertitude et pour le cas de Marty il ne connait pas la fin de savoir si il va revenir ou non.

3. Le morceau final abandonne toute percussion traditionnelle au profit du Mellotron, de textures modulaires et de field recordings urbains (circulation, sirènes). Comment as-tu construit ce morceau comme un « épilogue silencieux » ?

En fait,L’instrumental viens d’une demo/exercice que j’avais fait pour Berklee Online.L’exercice s’appelle le « Beat Shop » et genre en 1 semaine on devait produire et composer au minima 4 petits morceaux et j’en avais fait avec que du Piano Mellotron et un Synth Pad Analogique qui était très « Blade Runners » Vibes.J’ai garder les presets rajouter La Melodie de « Benedict » retravaillé le synth pad, pour les bruits de la ville c’est des enregistrements sonore de New York que j’ai enregistré en 2022 et les sirènes je les ai désigné avec le Korg Ms-20.Je trouvais que ajouter des percussions aller ruiner toute l’ambiance.

4. Tu cites « Music for the Masses » de Depeche Mode et « Tango in the Night » de Fleetwood Mac comme influences. Qu’est-ce que ces albums t’ont appris sur la production cinématique et l’ambiance sonore ?

”Music For The Masses”à un excellent Sound Design ,et m’a appris à bien mixé les percussions ,travailler les ambiances.Pour “Tango in The Night”,j’écoutais “When I See you Again” en écrivant “Benedict” ,j’ai vraiment été inspiré par cette musique pour l’écrire .De plus l’album à une ambiance assez “dreamy” sur certains morceaux comme “Everywhere” ou “Little Lies” qui m’est énormément inspirante.

5. Tu as écrit, produit, mixé et masterisé l’intégralité de l’EP toi-même à l’Argonne Sound Lab. Quels sont les défis et les libertés d’un travail aussi solitaire, surtout sur un sujet aussi intime que la solitude ?

Concernant la liberté d’être aussi solo c’est que je fais ce que je veux, j’exploite mes idées,mais les défis c’est que comme je bosse seule je prend énormément de temps surtout que pour pendant tout le processus de creation,mixage et mastering j’avais également mes cours à Berklee online donc également des devoirs a rendre.Concernant la solitude j’arrive à séparé mon travail de ma personne, même si ça reste une reflexion de moi même je me dit que je raconte l’histoire de Marty.D’ailleurs pour les chants je travaille à la fois sur Vocaloid et SynthV1 ,c’est beaucoup de Midi mais essayer de faire quelque chose qui sonne bien comme chant à partir de midi c’est endorment de travail .

6. Comment tes études à Berklee Online influencent-elles ta façon d’aborder la production et le sound design, notamment sur ce mélange de synthwave et de darkwave ?

Berklee à complement changé ma façon de produire ou de designer.Pour le mélange synthwave et Darkwave je dirais que design sur des synthétiseur plus fait pour la Synthwave que la darkwave comme le Synclavier ou l’EMU II.Mais globalement, je fais beaucoup plus attention au mixage des pistes, j’inclus beaucoup plus d’effets comme le delay,et reverb .

7. Le personnage de Marty traverse le deuil, la dépression et l’incertitude au fil des mois. Comment as-tu traduit musicalement cette évolution psychologique sur la durée de l’EP ?

Je pense que la Reprise “Midnight’s Thoughts” traduit bien le “après”,le “deuil” .Marty reste inquiet, et ne fais que penser pendant que la ville existe encore et ne s’arrête pas d’exister et la Face B “Benedict” traduis lui la depression et l’incertitude qu’il traverse ,il se remémore des souvenirs tout en se demandant si il va revenir et encore une fois le bruit de la ville qui ne s’arrête jamais l’accompagne.

8. Cet EP fait partie d’un « Second Album » encore en préparation — dans quelle mesure Bennett Tell Me pose-t-il les bases narratives ou sonores de ce prochain projet ?

Pour mon second Album,je vais encore raconter des histoires, les sonorités seront quasi les mêmes puisque j’essaye d’explorer d’autres genre toujours lié au 80s comme la Sophisti pop (ABC,Breathe,Johnny hates Jazz…) mais la bruit de la ville il va être énormément présent.

9. Des sorties physiques sont prévues pour le mois prochain. Qu’est-ce que le format physique apporte selon toi à une œuvre aussi immersive et cinématographique ?

J’ai reçu l’Ep en Vinyle et je trouve que l’aspect Vintage resort beaucoup plus sur le grain.L’EP resort vraiment bien en vinyle, les bruits d’ambiance aussi et j’ai d’ailleurs fait ressortir le bruit du Piano Mellotron plus avant comparé au Vocals sur le Mastering Vinyle de Benedict.Les textures de l’interlude et de la reprise sonne mieux en physique .

10. Si tu devais décrire l’ambiance idéale pour écouter Bennett Tell Me — rues vides, train de nuit, fenêtre solitaire — où t’imagines-tu toi-même en train de l’écouter pour la première fois ?

Dans un Loft ou Appart a New York, lumière éteinte la nuit à regarder la ville continuer a vivre.