Au cœur de la scène indépendante, le collectif Gilgulim signe avec Soulslike un manifeste d’une rare intensité. Cet album de remixes s’impose bien au-delà de la simple sortie discographique : il représente l’aboutissement d’une longue quête spirituelle menée par un groupe déterminé à ancrer la beauté dans un monde en perpétuel mouvement.
Né d’une urgence intime d’améliorer le monde, l’opus capture ces fragments de grâce éphémère pour leur offrir l’éternité, faisant écho à cette volonté poétique d’empêcher la rose de la beauté de jamais périr. Loin des artifices techniques et des gimmicks de production, l’authenticité de la démarche élève chaque piste pour faire de la musique une force transformatrice et un acte de résistance face à l’impermanence.
Des morceaux comme Erlkoenig, le remix, transportent l’auditeur dans une pénombre littéraire et atmosphérique fascinante avec de superbes lignes de guitares, tandis que Devilish Pride déploie une tension dramatique où la grâce le dispute au tourment dans un écrin musical de toute beauté dans lequel la guitare en guest de premier plan côtoie la superbe voix de l’artiste. La ferveur trouve quant à elle son apogée méditatif avec le titre Psalm, qui fusionne habilement héritage textuel et des lignes vocales aériennes presque operesques.
À travers cet ouvrage, Gilgulim rappelle que l’art peut encore prétendre au statut de travail sacré. Chaque note dessine une passerelle fragile mais solide entre le monde temporel et l’infini, confirmant que le collectif envisage la création comme une véritable déclaration de présence spirituelle. Une œuvre essentielle pour qui cherche un refuge sonore intemporel.

