Certains morceaux ne se contentent pas d’occuper l’espace, ils sculptent une véritable atmosphère. Avec « Days of Rain », le groupe maTrigal livre le deuxième extrait de son nouvel album, une œuvre qui s’impose déjà comme une vibrante confirmation de son identité sonore. Émergeant des laboratoires créatifs de la HMT Rostock, le projet s’articule ici autour d’un trio instrumental singulier, mené notamment par le violoncelliste Gottfried Tadashi Forck.
Accompagnée d’une guitare acoustique et d’une section mêlant batterie et textures électroniques, la formation brouille magistralement les pistes. Nous ne sommes plus tout à fait face à un ensemble de musique de chambre, ni tout à fait devant un groupe contemporain traditionnel. Le maillage organique de cette composition impressionne par sa fluidité, révélant une profondeur d’écriture remarquable dès les premières notes et comme nous, vous serez fascinés.
Les cassures rythmiques et les élans d’improvisation traversent le morceau sans jamais lui faire perdre son cap initial. C’est une dérive hautement maîtrisée, saluée par la critique pour sa justesse architecturale, où chaque glissement de texture semble parfaitement pesé. Le tour de force réside dans cette fusion totale entre la rigueur classique contemporaine, la liberté du jazz, la richesse des musiques du monde et la pulsation de la musique électronique.
Ces harmonies complexes et ces polyrythmies exigeantes n’étouffent jamais la dimension physique évidente de l’œuvre. Le collectif propose une musique à la fois dansante et concertante, qui pulse autant qu’elle s’écoute avec attention. En quatre minutes et quarante-trois secondes, maTrigal réussit le pari de transformer une mélancolie météorologique en une transe hypnotique et savante. Une parenthèse musicale moderne de toute beauté que nous vous recommandons de découvrir sans plus attendre ci-dessous :

