Le musicien de Seattle, Brian Noyes, signe avec son troisième opus solo une œuvre d’une délicatesse rare, suspendue entre la pop baroque et un folk psychédélique profondément organique. L’habituel magicien de l’ombre, notamment au sein du groupe Tomten, s’impose désormais en artisan majeur d’une musique intimiste. Cet album agit comme une magnifique machine à remonter le temps pour en réveiller les fantômes les plus élégants de notre passé.
Dès l’ouverture, l’album déploie un univers boisé où chaque arrangement semble respirer au rythme des saisons. Le single phare Tarot captive immédiatement par ses textures feutrées, subtilement guidées par des nappes de Mellotron et un orgue discret. Noyes y pose sa voix douce, traçant un magnifique chemin poétique qui rappelle sans détour les grandes heures de Nick Drake ou de John Cale.
Plus loin, le saisissant The Boy You Love To Burn dévoile une facette plus introspective et crépusculaire. La mélodie, portée par des guitares acoustiques soignées et une section rythmique subtile, enveloppe l’auditeur dans une magnifique et douce torpeur. On y entend l’écho d’une nostalgie universelle, celle des fins d’été et des amours fragiles qui s’étiolent au fil des jours.
No Fanfare clos le projet de la plus belle des manières avec une ballade délicate, une parenthèse musicale pop-folk portée par des lignes mélodiques familières, des cordes en arrière plan qui ajoutent au son cet aspect mélancolique. La voix du chanteur harmonisée par une voix féminine au niveau du refrain nous font parfois penser à Angus et Julia Stone avec ce côté magnifiquement authentique.
En onze morceaux d’une pure authenticité, Brian Noyes livre un grand disque indispensable pour accompagner l’automne naissant. C’est un voyage sonore intemporel dont on ne ressort pas tout à fait indemne.

