Deux voix intimes, l’une organique et l’autre synthétique, se percutent avec une force rare sur la scène alternative. Né de la collaboration fusionnelle entre le poète américain Ryan Kent — sous son alias Poems For Dead People — et le projet électronique Intertitle, le single « There Are Spiders In My Dreams » s’impose comme une véritable plongée en apnée.
Ici, aucune structure conventionnelle ne vient baliser le terrain. Le morceau refuse le confort du couplet-refrain pour déployer une descente progressive dans un paysage mental en clair-obscur. Entre confession brûlante et observation détachée, le timbre évocateur de Kent slalome à travers des nappes de synthétiseurs analogiques et des textures hantées. Propulsée par une basse métronomique, la rythmique obsessionnelle du titre évoque la pulsation hypnotique du krautrock, tout en digérant l’urgence du post-punk et la mélancolie de la darkwave.
« Ce morceau est né d’un intérêt commun pour la répétition comme outil narratif », confie Ryan Kent. « Nous voulions créer une œuvre en mouvement perpétuel, presque obsessionnelle dans son élan, tout en préservant un espace pour la vulnérabilité. »
Le pari est réussi. La tension mécanique d’Intertitle agit à la fois comme un moteur et une atmosphère étouffante. Elle transporte l’auditeur à travers un territoire émotionnel mouvant où l’angoisse, le souvenir et le songe finissent par se confondre. Sorti chez Blank Verse Records, ce second effort commun confirme que Poems For Dead People et Intertitle ne font pas que de la musique : ils sculptent l’insomnie.
Nous allons vous recommander de prendre quelques minutes de respiration et de plonger dans cette magnifique pause musicale ci-dessous :

