Le talentueux trio psych-goth d’Austin, The Schisms, frappe fort avec « All The Good Things », l’éclatant second extrait de leur tout nouvel EP baptisé Tejas. Connu pour fusionner à merveille la théâtralité sombre de The Damned et le groove tendu des emblématiques Arctic Monkeys, le groupe insuffle ici une lueur d’espoir grandement bienvenue.
Ce titre est né d’un élan viscéral chez le leader Carson Barker, lors d’un hiver d’isolement total dans une cabane des montagnes du Colorado. Pour la première fois, Barker a composé seul chaque partition instrumentale avant d’impliquer ses complices de toujours, Goose McCollum et Michael Stockton. Mais la véritable alchimie s’est opérée en studio avec le producteur Stuart Sikes, habitué aux textures brutes de Cat Power et des White Stripes.
« Stuart et moi avons mis cette chanson en pièces pour la reconstruire inlassablement », confie aujourd’hui Barker. De ce processus intensif de déconstruction naît un morceau cabossé, meurtri, mais qui refuse obstinément de plier. C’est un appel vibrant à ne pas abandonner face aux tourments complexes de l’époque actuelle.
Sur le plan musical, le morceau frappe par sa structure brute et accidentée, née d’un long processus de déconstruction et de reconstruction en studio. Le trio y délaisse ses ambiances gothiques habituelles pour injecter une énergie rock percutante et une dimension pop lumineuse inspirée des années 80 et 90. Porté par une section rythmique tendue et des guitares texturées, le titre mêle l’urgence du punk à un lyrisme résilient.
Financé en partie par le Live Music Fund de la ville d’Austin, l’EP Tejas met en lumière l’amitié fraternelle unissant ces talentueux musiciens texans, dont le frère de Barker signe l’identité visuelle. Délaissant l’obscurité abyssale de leur précédent opus, Moon, The Schisms livrent ici une œuvre salvatrice. « All The Good Things » résonne comme un hymne de résilience universel : une mélodie blessée, mais qui avance fièrement, la tête haute. Une réussite organique majeure.

