Le duo pop électronique londonien Ooberfuse frappe fort avec son nouveau single Electrify, dévoilé ce vendredi 9 octobre juste avant la Journée mondiale de la santé mentale. Fidèles à leur réputation d’activistes pop, Cherrie Anderson et Hal St John dépassent les simples slogans bienveillants pour poser une question piquante : et si le jargon du bien-être servait parfois à museler astucieusement les voix dissidentes ?
Porté par une rythmique synthpop texturée, le morceau explore la pression étouffante de la performance moderne. « La vie moderne peut tous nous épuiser », concède ouvertement Hal St John, « mais parfois, la santé mentale devient un prétexte commode pour disqualifier un désaccord, comme si une opinion divergente était un symptôme à gérer. » C’est ce mécanisme de contrôle social que le groupe cherche à briser, transformant la piste de danse en un espace de liberté brute.
Esthétiquement, le projet brille par son authenticité organique. Le clip, réalisé par Haydn West, incarne parfaitement cette résistance au lissage numérique. En fusionnant des images capturées au Panasonic piraté, des photos argentiques Olympus et de subtiles touches d’intelligence artificielle, il signe une œuvre DIY absolument fascinante.
Après avoir collaboré avec Snoop Dogg ou le musicien camerounais Abdel Tchatchet, Ooberfuse prouve sa capacité à naviguer entre culture pop et engagement sociopolitique. Electrify ne se contente pas de faire vibrer les corps ; le titre secoue nos certitudes et pousse à une introspection collective devenue indispensable : sommes-nous encore capables d’écouter véritablement l’autre ?

