Il y a quelque chose de profondément fascinant dans la trajectoire de Zulavay. Originaire de la région du DMV (D.C., Maryland, Virginie), cette artiste insaisissable continue de brouiller les pistes au sein d’une scène alternative qui manquait cruellement d’audace. Avec son nouveau morceau « Evil », extrait du projet Ghosts Wear Glitter, elle confirme son statut de prêtresse d’une « heavy pop » à la fois viscérale et addictive.
Dès les premières notes, « Evil » s’impose comme une exploration organique des dualités humaines. Là où d’autres se contenteraient d’un refrain formaté pour les ondes, Zulavay choisit d’ancrer son récit dans des textures sonores denses, presque étouffantes, avant de libérer une puissance mélodique libératrice. Sa voix, oscillant habilement entre vulnérabilité feutrée et éclats rock, rappelle les heures de gloire d’une alt-pop gothique, quelque part entre la mélancolie d’Evanescence et l’efficacité moderne d’une pop lo-fi.
Le titre ne triche pas. Derrière ce mot lourd de sens, l’artiste ne cherche pas à choquer gratuitement, mais plutôt à disséquer la noirceur intime, les doutes et ces petites concessions que l’on fait avec sa propre morale. La production, impeccable, laisse respirer chaque instrument, donnant l’impression d’assister à une confession en studio.
En 2026, Zulavay prouve avec « Evil » que la pop peut encore être introspective, rugueuse et habitée. C’est une chronique des temps modernes, sombre et scintillante à la fois, qui résonne longtemps après la dernière note. Une réussite totale.

