Le stoner doom n’a jamais eu pour vocation de caresser l’auditeur dans le sens du poil. Mais avec leur dernier single, « Investment in Genocide », les Canadiens de Doom Stoned franchissent un cap dans la brutalité sonore et l’engagement viscéral, livrant sans conteste leur composition la plus lourde et brute à ce jour.
Né d’une poussée de créativité nocturne dictée par une profonde frustration face aux dérives de la société, le morceau s’est forgé en une seule soirée. C’est là que le guitariste Diggins a jeté sur bandes des riffs de guitare proprement écrasants. Le chanteur Carvalho s’est ensuite emparé de cette matière sonore pour ériger un réquisitoire brûlant : une dénonciation frontale de notre complicité involontaire, par le biais de l’impôt, dans les atrocités mondiales.
Pour donner corps à cette rage, le groupe a méticuleusement dispersé son enregistrement à travers Toronto. Les fûts de la batterie ont ainsi résonné au mythique Grant Avenue Studio — haut lieu où Daniel Lanois collabora jadis avec U2, Johnny Cash ou Neil Young. Les guitares et les voix, quant à elles, ont été capturées dans l’intimité du Psychedelic Steak Studios, le repaire de Diggins.
Fort de 19 ans d’expérience, Diggins signe ici un sommet technique, magnifié par le mastering final de Matthew Wolk. « Investment in Genocide » est une décharge implacable, frontale, qui force l’auditeur à se confronter à ses propres démons. C’est du metal sans compromis, où la précision chirurgicale s’allie à une fureur émotionnelle d’une authenticité rare. Une baffe monumentale.

