Il est des œuvres dont la genèse s’écrit dans les larmes et le sang. Sorti le 7 octobre 2026, Requiem for « NOVA » d’Orshina fait partie de ces disques viscéraux, nés d’un traumatisme absolu. Originaire de Tel-Aviv, l’artiste livre une réponse musicale bouleversante à l’attaque terroriste du festival Nova, où il a tragiquement perdu sa sœur et plusieurs amis proches.
Enregistré dans le studio personnel d’Orshina puis finalisé au renommé Leon Sound Pro, cet album est une véritable odyssée psychologique. Le processus de création, marqué par l’épuisement et des crises de larmes, transparaît dans chaque note. C’est une œuvre d’une richesse instrumentale rare, magnifiée par les percussions de Roey Brosh, le violon déchirant de Maianne Tur et les voix habitées d’Idit Eshel et Shiran Tzfira. Entre rock psychédélique à la Pink Floyd et textures électroniques inspirées de Carbon Based Lifeforms, le voyage est total.
Le poignant Graveyard Blues ouvre le bal de cette catharsis en capturant toute la noirceur du deuil. Les textures sonores sont aériennes portées par une ligne de guitare magnifique, la chanson donne le ton, à vrai dire, on est emportés dès les premières mesures. Plus loin, le contrasté Hell In Paradise n’est pas en reste. On est dans une ballade sonore expérimentale et méditative qui apaise les esprits. On peut aussi parler du très lourd par la thématique, Holocausts and Slavery. Les mélodies sont froides, lourdes et collent parfaitement à la thématiques avec cette froideur qui laisse penseur.
« Help me heal the world » implore l’artiste. À travers ce vibrant requiem, Orshina ne cherche pas à expliquer l’inexplicable. Il érige un mémorial sonore pour que les disparus ne tombent jamais dans l’oubli. Un chef-d’œuvre de guérison collective, profondément nécessaire.

