L’electro house des années 2010 a laissé une empreinte indélébile dans le paysage électronique, une époque où le terme complextro résonnait comme un étendard. Aujourd’hui, le producteur basé à Los Angeles Tate Sedar replonge dans ses racines formatives avec son nouveau single. Cette sortie marque également ses débuts très attendus sur Big Fish Recordings, un label historique qui a propulsé des figures de proue telles que Zedd ou Porter Robinson.
Porté par une voix féminine ensorcelante, le morceau s’ouvre sur des textures nostalgiques avant de muter audacieusement. L’artiste s’est livré à un exercice de style exigeant en s’essayant pour la première fois à la production drum and bass. Né d’une ébauche restée un an dans ses disques durs, le projet a repris vie grâce aux encouragements de Laidback Luke lors d’une session de démos en direct.
Le résultat insuffle une énergie hybride, mariant habilement guitares pop et glitchs hyperpop. Cette démarche a nécessité de relever un défi technique d’envergure, l’amenant à dompter de nouveaux codes rythmiques pour façonner sa vision artistique. Le mariage de ces esthétiques confère au morceau une dynamique singulière qui transcende les étiquettes musicales traditionnelles.
Avec plus de quinze millions d’écoutes au compteur depuis son passage remarqué au festival virtuel EDC en 2020, Tate Sedar continue d’explorer les zones grises entre progressive house et bass music. Cette production témoigne d’une maturité affirmée, prouvant que la nostalgie d’un genre peut se réinventer avec panache. Un pont réussi entre l’héritage d’une décennie passée et l’avant-garde des pistes de danse actuelles.

