Alina Orlova revient avec Nakties Atvirukai, un album aussi insaisissable qu’envoûtant. Fidèle à son esthétique minimaliste, la chanteuse lituanienne livre ici une œuvre aux accents nocturnes, à la fois fragile et habitée.
Dès les premières notes de « Širdys ir Strėlės », le décor est posé : un piano nu, une voix diaphane, et un silence qui semble respirer entre les mesures. Enregistré en live avec Paulius Vaškas et Adas Gecevičius, l’album cultive une tension feutrée, entre urgence retenue et abandon poétique. Chanté en anglais et en lituanien, Nakties Atvirukai brouille les repères, comme une série de cartes postales venues d’un ailleurs intérieur.
Les morceaux s’enchaînent sans jamais hausser le ton. « Amygdala » flotte dans une brume de claviers, tandis que « Kažkur Toli » évoque un blues décomposé, presque spectral. Plus loin, « Veidrodėli » s’impose comme une comptine trouble, avant que « Ir Aušta » ne referme l’ensemble sur une note suspendue.
Le 25 avril prochain, l’album prendra vie sur scène au Théâtre national dramatique de Lituanie, dans une performance qui s’annonce aussi théâtrale que musicale. Depuis ses débuts en 2008, Alina Orlova creuse un sillon singulier entre chanson, expérimentation et poésie. Avec Nakties Atvirukai, elle signe peut-être son œuvre la plus aboutie, tout en nuances et en silences.

