Quand Arca s’empare de Sexistential, elle ne se contente pas de remodeler un morceau : elle en déplace le centre de gravité. Le titre de Robyn, déjà chargé d’une énergie brute et introspective, trouve ici une nouvelle vie, plus instable, plus physique, presque dérangeante par moments — au sens noble du terme.
Là où la version originale avançait sur un fil tendu entre désir, liberté et vulnérabilité, Arca choisit la fragmentation. Les rythmiques se désarticulent, les textures s’étirent, et la voix de Robyn, tantôt mise en retrait, tantôt exposée, devient un matériau malléable. Le remix respire l’esthétique Arca : une électronique charnelle, traversée de tensions, qui flirte autant avec le club que avec l’expérimental.
Cette relecture s’inscrit naturellement dans l’univers de Sexistential, projet où Robyn explore sans filtre les paradoxes du corps, du plaisir et de l’identité à l’âge adulte. Arca ne vient pas lisser ces thèmes ; elle les accentue, les rend plus abrasifs, presque inconfortables, comme pour rappeler que la pop peut encore être un terrain de questionnement radical.
Plus qu’un simple remix, cette collaboration agit comme un dialogue entre deux artistes qui refusent les cadres figés. Sexistential version Arca n’est pas là pour rassurer : il invite à ressentir, à perdre ses repères, et à accepter la complexité comme moteur créatif.

