Avec Art., The Nightbirds publient un album qui s’écoute comme une traversée sous tension. Enregistré à Ashpool Studios, refuge indie souterrain du Maine, le disque revendique une fabrication artisanale où chaque détail sonore semble pesé, parfois retenu, jamais gratuit. Ici, l’urgence post-punk ne cherche pas la déflagration immédiate, elle s’installe, progresse et laisse une empreinte durable.
Le morceau d’ouverture, « 2000 Miles », condense l’ADN du projet. Guitares dentelées, rythmique nerveuse et sensation de mouvement constant composent un titre frontal, qui avance sans jamais vraiment se résoudre. The Nightbirds privilégient l’élan au poli, la sincérité à l’effet, donnant à l’album une énergie presque physique.
Avec « FATHER », qui ferme le projet, le groupe reste sur un tempo contagieux avec des riffs ravageurs. La tension ne disparaît pas, elle s’épaissit, elle vous emporte dès les premières mesures jusqu’à la fin de la chanson. Cette chanson donne à Art. une dimension addictive qui va sans aucun doute vous donner envie de plonger plus en profondeur dans le catalogue musical de The Nightbirds.
Les influences, de Fugazi à Drive Like Jehu, jusqu’aux références plus abrasives de Jon Spencer ou Smashing Pumpkins, affleurent sans jamais dominer. The Nightbirds s’inscrivent dans cette lignée exigeante tout en affirmant une identité claire. Art. est un disque qui ne séduit pas, il interpelle. Une chronique nerveuse du doute et de la persistance.
Dans le paysage indépendant actuel, Art. confirme une formation guidée par la tension et la cohérence. Un album enregistré loin du bruit, mais pensé pour résonner longtemps. The Nightbirds y signent une œuvre rugueuse, honnête, qui avance droit, sans compromis, et laisse l’auditeur face à ses propres failles contemporaines actuelles.

