Avec Catabase, FÉMUR ne livre pas simplement un nouvel album : il propose une traversée. Déployé sur 14 titres, le projet s’impose comme une chronique sombre et maîtrisée, où le rap devient terrain de narration. Trap, boom-bap et touches rock s’y croisent naturellement, au service d’un récit inspiré par la figure de la catabase, cette descente aux Enfers issue des grands récits épiques. Une référence assumée qui donne d’emblée un cadre conceptuel fort à l’ensemble.
Pensé comme une fresque, Catabase se distingue par la cohérence de son univers. FÉMUR façonne un monde à la fois musical et visuel, entièrement imaginé par ses soins, où chaque morceau agit comme un chapitre. Des titres comme « Nouveaux héros » donnent le ton : une énergie brute, des productions cinématographiques et des refrains qui s’ancrent durablement, sans sacrifier l’exigence d’écriture.
L’ambiance générale reste sombre, parfois oppressante, mais toujours lisible. Les instrumentaux laissent volontairement de l’espace au texte, renforçant ce positionnement de rap d’auteur frontal et incarné. Les morceaux comme « Melancholia » ou « Antitube des enfers », racontent une chute progressive, teintée de noirceur, d’humour acide et d’une lucidité désarmante sur les failles personnelles.
FÉMUR incarne un personnage central oscillant entre auto-dérision et colère froide. Son rap incisif, porté par des formules marquantes, confère à l’album une identité nette et reconnaissable. Catabase se vit alors comme un voyage intérieur, presque romanesque, où chaque piste agit comme une vignette de ces enfers intimes. Un projet dense, cohérent, et pleinement habité.

