Softmax dévoile No ID, un titre qui s’avance sous des atours accrocheurs tout en dissimulant une réflexion plus profonde. Co-produit avec Sam Hudgens, le morceau repose sur une production soignée, portée par des guitares signées James Richardson, membre de MGMT, dont les textures apportent une énergie subtilement nerveuse. Le mixage, confié à Joel Ford, affine l’ensemble et installe un équilibre précis entre immédiateté pop et tension sous-jacente.
Derrière cette efficacité sonore, No ID se distingue par son propos. Softmax y aborde la difficulté, pour les artistes, de naviguer dans un écosystème où la création dépend d’une quête permanente de reconnaissance et d’approbation. Le morceau pointe les contradictions d’un système qui autorise la diffusion de la musique tout en imposant des conditions souvent impossibles à concilier avec une démarche sincère.
L’ironie devient alors un outil central du projet. Consciente de ces paradoxes, Softmax choisit de les intégrer pleinement à sa démarche, acceptant de participer à ce « jeu » promotionnel tout en en révélant les failles. Cette lucidité traverse l’écriture du titre, qui assume ses propres ambiguïtés sans chercher à les dissimuler.
Cette posture se prolonge dans l’univers visuel accompagnant la sortie de No ID. L’artiste y apparaît volontairement distante, posant sans enthousiasme devant des images agrandies de paysages américains capturés lors de ses voyages personnels. Un contraste assumé entre authenticité vécue et mise en scène imposée, qui renforce la portée du morceau et confirme Softmax comme une voix attentive aux tensions de son époque.

