Psul Aqae signe une entrée remarquée avec PITCH PROJECT, un premier album qui s’écoute comme une plongée progressive dans un monde intérieur façonné par le doute, l’observation et la persévérance. Originaire de Parete, en Italie, l’artiste construit ici un projet enregistré en home studio, où la contrainte technique devient un choix esthétique au service de l’émotion et du sens.
Dès red, morceau d’ouverture, Psul Aqae impose sa vision. Le beat est puissant, les synthés sombres dessinent l’arrière-plan, et le flow, posé mais assuré, capte immédiatement l’attention. La structure du titre, découpée avec précision, donne une vraie dynamique et installe une énergie presque physique. melt it down poursuit sur cette trajectoire, avec une ambiance plus sombre encore, flirtant avec une forme de psychédélisme. Le flow s’y fait plus tranchant, porté par une production qui rappelle certaines tensions du rap moderne américain.
L’influence d’artistes comme Kanye West ou Don Toliver se devine, sans jamais écraser l’identité de Psul Aqae. Sa manière de travailler les voix, les ad-libs et les textures sonores se révèle particulièrement sur just vibes, morceau plus accessible, pensé comme un point d’équilibre entre introspection et ouverture. Le flow chantant y apporte une respiration bienvenue.
Fort de 14 titres, PITCH PROJECT se referme avec life ain’t sweet, une outro presque méditative. L’instrumental, proche du drone, laisse place à une approche spoken word, créative et alternative. Sans encore passer par la scène, Psul Aqae pose avec cet album des bases solides, laissant entrevoir un potentiel certain pour la suite de son parcours artistique.

