Il y a des morceaux qui ne se contentent pas d’être écoutés ; ils se respirent. Avec « The Bredrins », Barrell Jones — batteur fétiche et pilier de la scène sud-londonienne — délaisse l’ombre des fûts pour la lumière de la composition. Pour ce baptême du feu, il s’entoure de sa complice de toujours, la saxophoniste prodige Nubya Garcia, livrant une pièce de jazz fusion d’une modernité éclatante.
L’entame est une invitation au voyage. Très vite, la signature rythmique de Jones s’installe : un dialogue organique entre percussions ouest-africaines et pulsations dub. C’est sur ce terreau fertile que le saxophone de Garcia vient s’enrouler. Son jeu, tour à tour impérieux et aérien, ne cherche jamais la démonstration technique, mais privilégie une émotion brute, presque spirituelle. On y entend l’héritage des grands maîtres, bousculé par l’énergie bouillonnante du Londres actuel.
Plus qu’une simple juxtaposition de talents, ce titre porte bien son nom, tiré de l’argot désignant les frères de cœur. C’est une célébration de la fraternité musicale. Entre les nappes de synthétiseurs oniriques et les éclats de harpe de Miriam Adefris, le morceau respire une liberté rare, celle des jams improvisées en fin de nuit dans les clubs de Deptford.
Barrell Jones signe ici un premier geste magistral, prouvant que derrière le métronome humain se cache un architecte sonore visionnaire. Ce single n’est pas seulement une sortie discographique, c’est une carte de visite solaire, essentielle pour accompagner l’éveil des sens et annoncer une carrière solo prometteuse.

