Avec Bloody Mary, Joyce Tratnyek signe une chronique nocturne aussi électrique que viscérale. La chanson s’écoute comme une plongée dans un club queer de Brooklyn un soir d’Halloween : lumières stroboscopiques, silhouettes fiévreuses et liberté assumée. Dès les premières secondes, l’esthétique electro-rock s’impose, camp et volontairement provocatrice, portée par une production accrocheuse et une énergie taillée pour la piste de danse.
Mais derrière cette façade festive se cache un propos intime. « Bloody Mary » est née d’un sentiment de honte longtemps intériorisé par l’artiste autour de son identité lesbienne. Plutôt que de l’esquiver, Joyce Tratnyek choisit de le retourner, d’en faire un moteur créatif. Les paroles oscillent entre fragilité et défi, laissant affleurer le doute sans jamais renoncer à l’élan vital. Cette tension donne au morceau une profondeur inattendue, où la vulnérabilité cohabite avec l’exubérance.
La force du titre réside précisément dans cet équilibre. Les refrains, immédiatement mémorisables, invitent au lâcher-prise, tandis que certains vers, plus sombres, rappellent le poids du regard extérieur et la difficulté d’être soi. L’ensemble compose un hymne pour les marginalités, les noctambules et celles et ceux qui trouvent dans la musique un refuge autant qu’un espace de revendication.
Avec « Bloody Mary », Joyce Tratnyek affirme une signature artistique singulière : transformer l’intime en expérience collective, et faire de la pop un terrain d’expression libre, inclusive et résolument moderne. Nous allons vous recommander de prendre quelques minutes de respiration et de plonger dans cette belle surprise ci-dessous :

