Il y a dans Forgiveness, le deuxième album de Blunt Blade, quelque chose de viscéral, presque cathartique. Enregistré aux mythiques studios Abbey Road, ce projet n’est pas une simple succession de titres : c’est une traversée émotionnelle, un récit musical sculpté dans l’ombre et l’éclat.
Tout commence avec Sprawling, une ouverture foudroyante. Les riffs de guitare déchaînés posent le décor : un paysage cinématographique à haute intensité. La voix — chaude, honnête — émerge de cette luxuriance instrumentale avec une densité humaine saisissante. C’est une mise en bouche qui ne s’oublie pas.
Justified poursuit avec une cadence plus familière : batterie millimétrée, groove contagieux, lignes de chant limpides. Ici, Blunt Blade joue la carte de l’accessibilité sans jamais sacrifier la tension dramatique.
Puis vient Hindrance, suspendu dans un souffle céleste. L’intro, presque nue, laisse place à des cordes aériennes et un synthé subtil qui ponctue les mélodies. L’ambiance est stellaire, presque fragile.
Careless Acts surprend par sa structure éclatée. On navigue entre douceur éthérée et tempête électrique. Chaque section vit sa propre histoire, en contraste maîtrisé, jamais gratuit.
Et enfin, Forgiveness. Dix minutes d’un voyage progressif, tragique et sublime. L’épilogue de cette odyssée sonore s’ouvre sur une lueur — ténue, mais réelle — qui éclaire les ruines avec grâce.
Blunt Blade ne compose pas simplement de la musique. Il sculpte des émotions, sans fard ni détours. Forgiveness est une œuvre à vivre, intensément.

