Quand Angélica Garcia pose le pied sur le dancefloor de sa mémoire, c’est avec “BUTTERFLY” qu’elle réinvente la nuit. Ce nouveau single marque un tournant clair dans sa trajectoire — elle s’émancipe, portée par une vision à la fois intime et universelle.
Musicalement, “BUTTERFLY” délivre un choc. La production conjugue beats industriels, textures glitch-hop et refrains suspendus — une invitation directe à l’“industrial ballroom”, cette collision entre rythme brut et corps en mouvement. Parfois dure, souvent rêveuse, la musique capte ce vertige qu’on ressent quand la fumée du club flirt avec l’aube.
Mais c’est dans les mots que “BUTTERFLY” prend tout son poids. Bilingue, le texte oscille entre l’anglais et l’espagnol, évoquant le quotidien — long, exigeant — d’une “club girl” à New-York. Inspirée de son passage dans un club nocturne emblématique, elle observe les corps fatigués, les désirs en stroboscope, les regards complices et les douleurs invisibles. Le refrain “I hope that when I die / I will spread wings” résonne comme un vœu d’envol, un cri de liberté, un acte de foi.
La “mariposa” de Garcia n’est pas un simple papillon de lumière : elle incarne la beauté, la vulnérabilité, mais surtout la résilience. Mélange de grâce et de colère, symbole d’une identité latino-américaine, d’immigration, de lutte quotidienne. Être “BUTTERFLY” — c’est porter ses origines, ses peurs et ses rêves en talons roses fluo, continuer de danser quand tout chavire, survivre à la nuit pour renaître avec l’aurore.
En signant ce nouveau single indépendant, Garcia affirme qu’elle n’appartient à aucun carcan. Elle creuse un espace où pop expérimentale, culture club, mémoire latine et revendication identitaire cohabitent — fragile, féroce, libre. “BUTTERFLY” n’est pas qu’un morceau : c’est un manifeste.

