Dans cet entretien exclusif, l’artiste nous dévoile les coulisses de Constellation, son projet le plus audacieux mêlant énergie brute et textures électroniques. Entre formation classique et expérimentations en home-studio, elle revient sur la naissance du « Metalstep » et sa quête d’indépendance créative. Une plongée sincère dans un univers où les frontières musicales s’effacent pour laisser place à l’émotion pure.
Constellation est décrit comme votre projet le plus ambitieux à ce jour. À quel moment avez-vous réalisé que cet album marquerait un tournant dans votre parcours artistique ?
Dans cet album, je plonge dans l’univers du dubstep pour la première fois ! Je voulais créer un son unique, j’ai donc combiné des batteries et des guitares heavy metal avec du dubstep pour créer le « metalstep », qui est devenu ma signature sonore sur ce disque.
Vous avez expliqué que ce disque fusionne vos deux passions : le dubstep et le heavy metal. Quels ont été les plus grands défis pour faire cohabiter ces deux mondes naturellement ?
Incorporer l’énergie brute du rock à des éléments électroniques est un défi, mais c’est possible car, après tout, il n’y a pas de règles dans la créativité ! J’avais déjà tracé ma feuille de route et j’ai simplement écouté mon instinct.
Les morceaux « Constellation » et « Me and My Machines » sont présentés comme les moments forts de l’album. Que représentent personnellement ces chansons pour vous ?
Me and My Machines parle de moi et de mon studio d’enregistrement. J’y vais souvent pour trouver du sens et pour exprimer des expériences douloureuses, ce que je trouve thérapeutique. Constellation a été écrit pour mon mari, car il a les yeux les plus étincelants que j’aie jamais vus !
Vous avez mentionné que vous aviez peut-être créé une « nouvelle vibration ». Pensez-vous que les frontières entre les genres musicaux deviennent obsolètes aujourd’hui ?
Je le pense vraiment ! Les producteurs mélangent constamment les genres pour créer de nouvelles ambiances tout le temps. En réalité, les règles de la musique ne s’appliquent pas à la créativité. Tout est permis !
Votre formation classique au piano, au violon et à la guitare a clairement façonné votre musicalité. Comment ce bagage influence-t-il encore votre manière de composer de la musique électronique aujourd’hui ?
Les fondations étaient l’élément crucial. Apprendre chaque accord, chaque note, chaque règle tacite sur le phrasé, la dynamique et le timbre de manière classique m’a permis d’exploiter beaucoup plus facilement ma créativité et de repousser les limites.
Vous produisez de la musique depuis l’âge de 17 ans. Comment votre approche de la production a-t-elle évolué entre vos débuts et cet album ?
Je suis un million de fois meilleure aujourd’hui. Si vous entendiez mes débuts, c’était sympa, mais pas très bien produit. J’ai appris sur le tas, et ma licence ainsi que mon master en technologie musicale et production m’ont vraiment aidée.
Vous avez enregistré l’intégralité du projet dans votre home-studio dans le Yorkshire. Le fait de travailler dans un environnement aussi personnel encourage-t-il davantage l’expérimentation et la liberté créative ?
Absolument ! Je peux prendre un verre de vin ou un café, m’asseoir dans mon fauteuil de gamer avec le coussin chauffant allumé et simplement me lâcher. Je peux vraiment laisser libre cours à mon imagination car il n’y a absolument aucune contrainte.
Illenium et Seven Lions ont inspiré votre exploration du dubstep. Quels aspects de leur musique vous ont attirée vers ce son pour la première fois ?
Entendre du dubstep mélodique a changé la donne pour moi. J’adore les mélodies complexes et j’aimais aussi les synthés « wob wob » un peu rudes. J’écoute toujours Illenium et Seven Lions ; en fait, ma playlist de favoris est composée aux trois quarts de leur musique. Je trouve la production d’Illenium de classe mondiale et son choix de chanteurs est impeccable, ce qui m’a poussée à choisir moi-même un chanteur de haut niveau pour élever mon propre niveau de jeu.
Sur Constellation, vous avez géré vous-même la production, l’écriture et les paroles. Maintenir cette indépendance artistique est-il essentiel pour préserver votre vision ?
Je le crois. Si je n’avais pas le contrôle total, ma vision se perdrait. J’aime travailler avec les autres, mais je dois garder le contrôle créatif sur la partie production car j’entends la musique dans ma tête d’abord, puis je lui donne vie. D’autres distractions viendraient brouiller cette créativité.
Votre philosophie est : « Là où les mots échouent, la musique parle. » Quelles émotions ou quels messages espériez-vous communiquer à travers cet album que les mots seuls ne pouvaient exprimer ?
Que la musique est faite pour être appréciée, savourée. Que l’on peut entendre quelque chose et être véritablement ému ou y répondre émotionnellement d’une manière que l’on n’aurait jamais crue possible. Chaque album que je crée est arraché à des années d’expériences difficiles et à ma propre créativité. J’essaie de mettre mon cœur et mon âme dans tout ce que je fais. C’est de l’art, c’est réel !
