Avec « Contre-Corps », GROS COEUR signe une conclusion éclatante pour Vague Scélérate. Placé à la toute fin de l’album, le morceau agit comme cette petite cerise acidulée qui vient sublimer un dessert déjà riche et complexe.
Dès les premières notes, on est happé par un univers moite, presque tropical, qui laisse vite place à un rock incisif. Puis, sans prévenir, le morceau explose dans une jungle sonore, foisonnante et captivante. Deux influences étonnantes ont guidé cette dernière section : l’image d’une forêt nocturne grouillante de vie… et In Da Club de 50 Cent, qui semble ici réinterprété dans un contexte radicalement différent.
Mais « Contre-Corps » n’est pas qu’une expérience sonore : c’est aussi un regard sur la solitude au milieu de la foule. Ce malaise familier, celui où le rythme vous échappe, où les mots vous manquent, où l’on se sent étranger même entouré de monde, devient matière à danse intérieure.
Le mix d’Adrien Chappelle amplifie cette dualité avec finesse. Chaque chute vertigineuse, chaque tournant dans le brouillard musical, retrouve son équilibre dans un flux qui oscille entre errance festive et rêverie brumeuse. Résultat : un morceau qui conclut l’album avec audace, tout en nous laissant face à nos propres contradictions, oscillant entre rythme partagé et isolement personnel.

