Coolonaut, musicien écossais installé aujourd’hui dans l’Australie rurale, poursuit son chemin singulier avec Karma Smile, un troisième album autoproduit paru en 2025. Fidèle à son approche artisanale, l’artiste a de nouveau enregistré et produit ce disque sur une machine analogique huit pistes, revendiquant une esthétique volontairement imparfaite et résolument ancrée dans l’héritage psychédélique et mod des années 60.
Dès les premières mesures, Karma Smile affirme un amour intact pour les textures rétro, les harmonies lumineuses et les grooves sinueux. Les références affleurent — on pense parfois aux Monkees, à une pop psychédélique philosophique ou à un rock mod rêveur — mais Coolonaut ne verse jamais dans la copie. Ces influences semblent digérées, transformées, puis réinjectées dans des compositions au relief très personnel.
Des titres comme Confabulation, Be On The Right Side, Boganville ou Pebble Dash Heaven illustrent cet équilibre entre nostalgie assumée et vitalité contemporaine. Les riffs tournoyants, les beats parfois complexes et les mélodies immédiatement mémorisables donnent à l’ensemble une énergie à la fois groovy et faussement légère. Derrière l’humour et la couleur pop se dessine pourtant un propos plus sombre.
Conçu dans un contexte mondial que l’artiste juge de plus en plus absurde et violent, Karma Smile laisse transparaître une vision critique du présent. Coolonaut évoque un monde où les injustices sont banalisées et où les voix dissidentes sont marginalisées. Sans slogans ni discours appuyés, cette inquiétude irrigue l’album en filigrane.
Avec ses dix titres concis, Karma Smile s’écoute comme une chronique musicale hors du temps, portée par une sincérité rare et une identité sonore affirmée.

