Depuis Hartlepool, Crescent impose une signature singulière dans le paysage du rock psychédélique, mêlant groove subtil et touches blues. Avec Milogather (Parts I & II), le groupe nous invite à un voyage en deux temps, où chaque note respire et chaque tension se déploie lentement, loin de l’urgence des hits formatés.
Milogather Part I frappe par sa simplicité et sa physicalité. Caleb Hay, auteur de ce premier morceau jamais écrit par le groupe, privilégie le mouvement et la sensation, laissant le groove guider la narration musicale. Loin d’une romance classique, le texte évoque une histoire d’amour naissante, pleine d’incertitudes et de fragilités, où la différence d’âge et le besoin de réassurance se mêlent à une honnêteté touchante. Le morceau, épuré et maîtrisé, agit comme une respiration, une ouverture délicate à l’univers de Crescent.
Milogather Part II, en contraste, s’aventure dans des territoires plus tourmentés. La basse hypnotique, les guitares aux textures lointaines et les vocalises passionnées de Millie Jones, qui signe ici sa première contribution lyrique complète, explorent le déséquilibre émotionnel et la frustration face à un espoir parfois vain. Si la première partie est une confidence, la seconde devient un exutoire, un dialogue intérieur porté par un souffle psychédélique intense.
En associant ces deux morceaux, Crescent transforme Milogather en une conversation musicale fascinante, où chaque détail compte et où l’émotion se construit avec patience. Dans un monde obsédé par la gratification instantanée, Crescent rappelle que certaines chansons méritent qu’on les écoute lentement, qu’on les laisse révéler toute leur profondeur.

