Il est des morceaux qui semblent porter en eux l’écho des paysages où ils sont nés. Enregistré au Polychrome Ranch, studio-cabane niché dans les contreforts des Smoky Mountains, le nouveau single de CS Hellmann, « Don’t Let The Songbirds Cry », est de cette lignée. Sous la houlette du producteur Jared Corder (du groupe *repeat repeat), le titre s’impose comme une pièce d’orfèvrerie indie-folk aux contours vaporeux.
Dès les premières mesures, une guitare acoustique jouée aux doigts installe une proximité troublante, presque feutrée. Mais ne vous y trompez pas : la chaleur du folk initial est rapidement rattrapée par un groove lo-fi et des synthétiseurs analogiques en arpèges, rappelant l’onirisme d’un Pink Floyd ou la modernité hypnotique de Tame Impala. CS Hellmann réussit ici un grand écart fascinant entre l’héritage de Kurt Vile et l’énergie organique de Fruit Bats.
Le morceau respire l’isolement créatif de la montagne. On y perçoit une dualité constante : d’un côté, une douceur réconfortante ; de l’autre, une tension psychédélique qui culmine dans un solo de guitare final épique. Ce dernier, évoquant la fluidité mélodique des Eagles tout en conservant une certaine rugosité, offre une conclusion cathartique à cette errance sonore.
« J’adore l’ambiance qui s’en dégage », confie l’artiste. « C’est un mélange de chaleur et d’espace qui semble honnête, mais un peu surréaliste. » Entre nostalgie et avant-garde, ce titre s’écoute comme on contemple une aube brumeuse : avec fascination et une pointe de mystère. Une réussite totale.

