Avec « Deathtrap », l’artiste Jenks choisit de poser un miroir sans fard sur ses propres turbulences. Le single, parcouru de colère, de stress et d’angoisse, se double d’un appel sincère à la conscience autour de la santé mentale. Il puise dans la tension propre au metal qu’il écoutait adolescent, pour mieux transformer ce fracas intérieur en catharsis musicale.
Ce qui frappe d’emblée, c’est le cadre d’enregistrement : une caravane exiguë, humble, où Jenks et un ex‑membre de son ancien groupe ont posé micros, guitares et amplis. Loin des studios haut‑de‑gamme, cette zone transitoire devient laboratoire d’émotion brute : les voix sont poussées à leur paroxysme dans la chaleur confinée, et chaque râle vocal ou riff abrasif s’en trouve galvanisé. L’enregistrement dans un tel lieu renforce l’idée que la véritable création ne dépend ni des moyens ni du décor : elle naît de l’urgence, de l’instant, de l’âme.
Musicalement, « Deathtrap » martèle son terrain avec des guitares acérées, une rythmique serrée, et une production qui conserve des aspérités voulues. Jenks ne cherche pas la perfection lisse : il revendique l’imperfection comme marque de vérité. Il s’adresse à celles et ceux qui se battent contre des démons invisibles, offrant non‑pas une solution, mais une main tendue dans l’obscurité.
Ce single est un manifeste : un artiste qui transforme ses racines metal et ses tourments personnels en œuvre transformatrice. Jenks nous rappelle que parfois, le meilleur refuge se trouve dans la bravoure de dire « je n’ai pas peur de tomber », et dans la musique, un moyen de se relever.

