Avec Derby Hill, Derby Hill dévoile un EP qui s’écoute comme un carnet de route intime, griffonné au fil des jours et des états d’âme. Cinq titres, pas un de trop, pour poser les bases d’un univers folk-americana profondément humain, où l’émotion prime sur la démonstration. Ici, tout semble guidé par le besoin de dire vrai, sans masque ni détours.
Enregistré dans des lieux modestes de Chicago, entre sous-sols et couloirs étroits, ce premier projet tire une force singulière de ses conditions de création. Le son, à la fois brut et soigné, possède une ampleur presque cinématographique. Les arrangements restent discrets, laissant la place à une écriture nourrie par les héritages de Steve Earle, Leonard Cohen ou John Prine, références assumées d’un art du storytelling sobre et habité.
Dès l’ouverture, Restless and Forgiven installe le décor. Une ligne de guitare élégante, une atmosphère alt-folk lumineuse, et cette sensation immédiate d’espace qui évoque les longues routes américaines. Le morceau donne le ton : pas d’effets superflus, seulement des mélodies justes et une émotion maîtrisée. Red Honey Wine poursuit cette trajectoire, comme une continuité naturelle, emportant l’auditeur dans un paysage ouvert, presque solaire, où chaque note semble respirer.
Au fil de l’EP, Derby Hill invite à l’introspection, évoquant les combats ordinaires, les pertes silencieuses et les élans d’espoir qui jalonnent la vie. La conclusion, In a Matter of Moments, apporte une douceur bienvenue. Ballade délicate, caresse musicale aux guitares fines et apaisantes, le titre ferme le projet avec élégance.
Avec Derby Hill, l’artiste signe une entrée remarquée : un EP sincère, cohérent et profondément touchant, qui confirme qu’une émotion authentique reste l’un des langages les plus puissants de la musique.

