Il y a une certaine honnêteté à assumer ses rides et ses références. Pour Dominik Wrana & States of Matter, l’étiquette « Dad Rock » n’est pas un aveu de fatigue, mais une bannière fièrement déployée avec une autodérision rafraîchissante. Ce groupe originaire de Mannheim ne cherche pas à rester figé dans le passé, mais plutôt à nous rappeler pourquoi nous avons aimé faire tourner le rock si fort.
Si leur musique était un lieu, elle se situerait quelque part entre la West Coast solaire des années 70 et le Seattle grunge des années 90. On y retrouve une tension fascinante entre les dynamiques explosives du rock alternatif, l’énergie des rythmes latins et une subtile touche de funk. C’est un son qui semble immédiatement familier, comme un vieux blouson en cuir que l’on retrouve avec plaisir, tout en restant singulièrement authentique.
Loin des clichés, les textes de Dominik Wrana puisent dans le vécu pur, qu’il s’agisse de l’urgence d’un road trip comme échappatoire dans le titre « On the Road » ou de l’idée de rembobiner sa vie comme un DVD dans « Looking Back ». Entre les doutes de « Midlife Crisis » et la nécessité de savourer l’instant présent avec « Opus#1 », le groupe livre une œuvre brute et honnête.
Porté par une alchimie humaine évidente entre Toti Lanzalaco, Jörg Mayer, Bernhard Remenyi et David Scherer, cet EP distribué avec l’agence mhhhmtasty est une pépite de musique « faite main ». Sorti le 6 mars 2026, le disque prouve que le groove n’a décidément pas d’âge.

