Dans le panorama britannique actuel, Eddie Brett s’impose comme un conteur sensible, capable de transformer ses épreuves personnelles en chansons profondément humaines. « Myself », son dernier single, en est la preuve la plus intime. Écrit à un moment charnière de sa vie, lorsque le musicien de South London a enfin confronté sa dépendance, ce morceau résonne comme un journal ouvert, une confession déposée sur des accords simples mais puissants.
Initialement publié en 2019, « Myself » surgit d’un studio presque par hasard, profitant d’un moment d’absence du producteur Chaney. Les paroles, sans fard, tranchent par leur sincérité : « I’m an addict, and I’ve lost the taste for life. » Ce n’était pas un appel à la pitié, mais un cri d’alerte, un geste de vulnérabilité rare dans la pop contemporaine. Aujourd’hui sobre depuis trois ans, Eddie revisite ce titre avec un regard différent : ce qui fut un cri de détresse devient un miroir de transformation.
La chanson explore les nuances de l’addiction — la honte, le déni, le sentiment de vide — mais aussi le frémissement de la renaissance. « Écouter cette chanson maintenant, en sachant que je suis sobre, que j’ai un chien et que je me promène autour d’un lac, c’est presque surréaliste », confie-t-il. Le clip, où apparaît Ewen MacIntosh, ajoute une profondeur inattendue, renforçant l’impression que « Myself » capture un instant suspendu, un fragment de vie que l’artiste a su transcender.
Avec « Myself », Eddie Brett ne se contente pas de raconter son passé : il transforme la douleur en lumière, offrant un point de repère pour son futur album, Common Kalos. Une chanson qui ne se contente pas d’être écoutée, mais qui se vit.

