Certaines reprises se contentent de reproduire le morceau original. D’autres le réinventent complètement. Avec sa nouvelle interprétation de “Bette Davis Eyes”, Elderbrook, chanteur et producteur britannique au style singulier, s’inscrit dans la deuxième catégorie. Enregistrée dans l’intimité d’une chambre d’hôtel pour sa série “Hotel Room Sessions”, cette version transforme le classique de Kim Carnes en un instant suspendu, presque fragile, où chaque note semble essentielle.
Dès l’ouverture, la voix chaude et légèrement éraillée d’Elderbrook capte l’attention. Minimaliste mais précis, l’accompagnement instrumental laisse respirer le chant, créant une atmosphère sensuelle et émotive. L’arrangement se déploie doucement, ajoutant des touches d’harmonie qui enveloppent la mélodie sans jamais l’écraser. Le résultat est un mélange étonnant de nostalgie et de modernité, un hommage à la fois personnel et musical.
Cette sortie s’inscrit dans un moment fort de sa carrière : après “Teardrop” avec Jan Blomqvist et “Waterfall” avec Ahmed Spins, Elderbrook confirme son goût pour les collaborations audacieuses et les expériences sonores singulières. Plus qu’une simple reprise, “Bette Davis Eyes” devient ici un récit intime, une chanson que l’on fredonne avec le sentiment d’avoir surpris un secret.
En revisitant un tube qui a marqué les années 80, Elderbrook démontre sa capacité à faire dialoguer passé et présent, insufflant sa sensibilité unique à une icône de la pop. C’est à la fois doux, précis et irrésistiblement attachant.

