Oubliez les berceuses éthérées et l’imagerie d’Épinal de la maternité. Avec son nouveau single « Fire at Me », premier éclat de l’EP Mother of Pearl, Ellen Birath nous propulse dans une réalité bien plus organique : celle d’un quotidien brûlant, rythmé par l’énergie brute d’un nouveau-né.
Écrit dans le tumulte des premiers mois de vie de son enfant, le titre saisit l’instant où la chanteuse découvre la personnalité volcanique de son fils. Elle le dépeint avec une tendresse pleine d’humour sous les traits d’un « bébé dragon », une petite force de la nature crachant ses flammes intérieures. Être parent, suggère-t-elle, c’est apprendre l’art d’éteindre de petits incendies permanents tout en restant hypnotisée par l’intensité de ce lien.
Musicalement, le morceau évite tout académisme. Porté par la batterie jazz de David Paycha, dont le jeu évoque le swing dépouillé du disque The Electrifying Aretha d’Aretha Franklin, le titre pulse avec un groove irrésistible typé années 60. Si Paycha cite volontiers Elliott Smith ou Cocoon comme influences structurelles, c’est bien une âme soul-jazz qui habite cette composition instinctive.
Le résultat est une danse effrénée, sublimée par un clip en stop-motion, qui refuse d’idéaliser le rôle de mère pour mieux en célébrer la vérité physique et émotionnelle. Ellen Birath signe ici un retour flamboyant, prouvant que le jazz, lorsqu’il est frotté au réel, possède encore le pouvoir de nous faire vibrer au plus près de l’intime. Un joyau brut à l’éclat résolument moderne.

