Sorti sous l’égide du prestigieux label Ninja Tune, Ö, le premier album de Fcukers, s’impose déjà comme le manifeste d’une génération qui refuse de choisir entre l’indie-pop et la sueur des clubs. Porté par la production musclée de Kenny Beats, le duo new-yorkais composé de Shanny Wise et Jackson Walker Lewis livre onze titres percutants qui ont immédiatement séduit la presse spécialisée.
Avec une note moyenne gravitant autour de 7,7/10, l’accueil est globalement enthousiaste. Le magazine The Guardian salue une efficacité redoutable, qualifiant l’opus de « bande-son idéale pour une jeunesse en quête d’insouciance ». De son côté, NME souligne la capacité du groupe à ressusciter l’esprit de la house des années 90 tout en y injectant une urgence punk et moderne. Les critiques louent particulièrement la concision des morceaux : aucun titre ne dépasse les trois minutes, évitant ainsi tout remplissage inutile.
Cependant, cette brièveté est à double tranchant. Si The Line of Best Fit admire ce format « punchy », d’autres médias comme Pitchfork se montrent plus nuancés. Avec une note de 7,0, le site pointe un manque de profondeur structurelle sur certains titres, regrettant que l’album privilégie parfois l’immédiateté de la « vibe » au détriment d’une écriture plus complexe.
Malgré ces légers bémols sur sa longévité, Ö réussit son pari : capturer l’essence d’une nuit blanche à New York. Entre UK garage et dance-pop, Fcukers confirme son statut de groupe à suivre de près, transformant l’essai de ses premiers singles en une œuvre cohérente, brute et furieusement contagieuse.

