À Bolton, le rock continue de se transmettre comme un héritage vivant. Avec « Madeline », Florentenes ouvre son année 2026 en resserrant son propos autour d’un son frontal, instinctif, guidé par des guitares nerveuses et une urgence palpable. Le quatuor britannique confirme ici ce que la scène live laissait déjà entendre : une formation jeune, mais déjà étonnamment sûre de ses intentions.
Construit comme une montée continue, le morceau s’appuie sur une écriture directe et une dynamique pleinement organique. La voix de William Train Smith s’y impose sans artifice, portée par une section rythmique compacte et un jeu de guitares affûté. Filmé dans une esthétique brute, le clip performatif accompagne cette volonté de capter l’énergie du groupe telle qu’elle se déploie sur scène, sans filtre ni détour.
Florentenes s’inscrit clairement dans la tradition narrative du Nord de l’Angleterre, où les chansons racontent des fragments de vie avec sincérité. On y perçoit l’ombre tutélaire des Libertines pour l’intensité, et celle des Arctic Monkeys pour le sens de la mélodie tendue, sans jamais tomber dans la citation facile.
Enregistré sous la houlette de Dave Eringa, « Madeline » marque une étape décisive pour un groupe encore tout proche de ses débuts. Une chanson sur l’instant, les rencontres et les élans incontrôlés, qui capture l’énergie de la jeunesse et affirme Florentenes comme l’un des visages les plus prometteurs du nouveau rock britannique.

