Avec « Get Up », HAEVN — le duo pop‑ambient néerlandais repéré pour ses ambiances cinématographiques et sa voix feutrée — signe un retour aussi discret qu’intense.
Dès les premières notes, c’est un souffle fragile qui envahit l’espace. Un piano grave, des nappes sonores presque voilées, comme si l’on traversait une brume intérieure. Dans ce décor sonore, la voix de Marijn van der Meer semble flotter — à la fois vulnérable et déterminée. L’atmosphère évoque une lumière timide dans l’obscurité, l’instant suspendu juste avant le renouveau.
Les paroles de « Get Up » dessinent un chemin d’effondrement et de reconstruction. Elles parlent de l’épuisement, de la confusion, du froid — autant d’images d’un corps et d’un esprit au bord du gouffre. Mais à travers la douleur et la désorientation, s’élève un murmure de confiance et de chaleur : une main tendue, un regard bienveillant, l’idée qu’on peut — qu’on doit — se relever. C’est le « valley » évoqué dans le morceau : cet entre‑deux de l’existence, espace de solitude et de métamorphose, loin des regards et des certitudes.
Musicalement, HAEVN s’inscrit dans la continuité de son univers : minimalisme orchestré, mélodies aériennes, textures chaleureuses et confessions douces. « Get Up » agit comme un pont musical et émotionnel — un lien entre la chute et la lumière, entre la douleur intime et l’espoir partagé.
Au final, « Get Up » s’impose comme un hymne à la résilience. Mais pas un hymne guerrier : un chant intérieur, délicat et sensible. Celui de la reconstruction, de la confiance en soi, en l’autre, en la vie. Un rappel que parfois, ce n’est qu’en touchant le fond qu’on découvre la profondeur dont on est capable.

