Dès les premières mesures de Goodbye To All That, Mark Vennis & Different Place imposent une présence qui ne laisse aucune place à l’indifférence. Leur nouvel album, sorti le 6 février 2026, marche sur une ligne de crête entre chronique sociale, exploration historique et rock viscéral – un véritable kaléidoscope sonore réunissant folk, blues, punk et rock sans jamais tomber dans l’écueil de la simple nostalgie.
La lourde cadence de The Beating of the Drum ouvre le bal comme une sorte de manifeste bruitiste : tambours martiaux, guitare granuleuse et paroles aiguës plantent une ambiance rugueuse qui respire l’urgence. Empire Road, lui, mêle blues et psychédélisme avec une fluidité troublante, explorant les cicatrices laissées par l’Empire britannique sur le tissu social, un thème qui traverse tout l’album. This Nation’s Ghosts porte bien son nom : c’est une ballade hantée, peuplée de spectres historiques et d’échos de vies anonymes.
Le morceau titre, Goodbye To All Of That, est peut‑être la pièce la plus frappante de l’ensemble. Sur près de cinq minutes, Vennis et sa bande tissent un pont entre blues rock et rock classique, capturant à la fois la beauté sombre d’une introspection et l’agitation d’une remise en question collective. Loin d’être un cri de victoire, ce “adieu” est une interrogation lancinante : avons‑nous vraiment tiré les leçons du passé ?
Sur la scène musicale actuelle, rares sont les albums qui conjuguent ainsi résonance historique et intensité rock sans concession. Mark Vennis & Different Place signent une œuvre ambitieuse, où chaque chanson se lit comme une chronique vivante des contradictions britanniques — entre fierté culturelle et ombres impériales — portée par une énergie brute et une poésie lucide.

