Certains morceaux ne s’écoutent pas seulement ; ils se ressentent comme le souffle d’une seconde chance. Avec son nouveau single « Biscuits and Jam », Griffin Benton nous plonge dans un univers où le rock alternatif flirte avec une esthétique lo-fi vaporeuse. Derrière la douceur apparente des arrangements au piano et la nonchalance du rythme, se cache pourtant une genèse brutale.
L’histoire du titre prend racine dans un traumatisme profond. Benton a composé cette chanson peu après sa sortie de l’hôpital, alors qu’il se remettait d’un accident de la route d’une violence extrême. Fauché par un chauffard alors qu’il marchait simplement dans la rue, l’artiste a survécu de justesse à une lésion cérébrale traumatique. Cette expérience de mort imminente infuse chaque note de la piste, lui conférant une aura de « rêve induit par le Benadryl », entre flottement cotonneux et surréalisme pur.
Accompagné d’Erik Dietz à la basse et d’Evan Calyer à la batterie, Benton réussit le tour de force de transformer la douleur en une mélancolie lumineuse. La production, soignée par Víctor Echániz et Ryan Sierakowski, préserve ce grain organique qui fait tout le sel du projet. Ce n’est pas qu’une simple sortie de plus dans le paysage indie ; c’est le témoignage d’un esprit qui reconstruit son monde, une note à la fois. Un morceau nécessaire, aussi étrange que réconfortant, qui confirme que Griffin Benton est une voix à suivre de très près.

