Certaines chansons ne se contentent pas de s’écouter, elles se vivent. Avec « Afternoon of Acid Rain », le collectif Hallucinophonics signe une fresque sonore qui se déploie comme un rêve éveillé, quelque part entre étrangeté et abandon. une parenthèse musicale qui vous emporte dès les premières mesures et habille de la plus belle des manières votre début de semaine.
Dès les premières mesures, un groove hypnotique s’installe. La guitare flotte dans une brume acide tandis que la voix masculine, presque détachée, déroule un récit surréaliste peuplé de figures improbables : filles en maïs sucré, femmes‑crocodiles aux cœurs de méduses, silhouettes d’avalanche au regard vide. L’absurde devient poésie. La question lancinante — « Who in the hell do you think you are? » — agit comme un miroir tendu à l’auditeur, invitation à se délester de ses certitudes pour mieux plonger.
Musicalement, le morceau puise autant dans les vibrations modernes de Tame Impala ou de King Gizzard & The Lizard Wizard que dans les influences psychédéliques des années 60, avec des clins d’œil à Syd Barrett et aux The Beatles. Pourtant, Hallucinophonics ne cite pas : il transforme, il absorbe, il recrée.
La force du morceau réside dans sa trajectoire. Parti d’images sombres et hallucinées, il glisse progressivement vers une résolution plus chaleureuse, presque consolatrice. Comme si, après la tempête acide, l’éclaircie devenait inévitable.
Le tout s’accompagne d’un clip entièrement animé diffusé sur Vevo, prolongeant l’expérience dans un vertige visuel assumé. Plus qu’un single, « Afternoon of Acid Rain » s’impose comme une immersion totale, une traversée sensorielle où la pluie acide finit par réchauffer la peau.

