Depuis Copenhague, le trio AySay tisse une musique où se mêlent folk anatolien, héritage kurde et électro nordique. Avec Haydi Gidelim, son nouveau single paru chez V2 Records Benelux, le groupe explore la tension entre promesse et absence.
Le morceau s’ouvre sur une saz nerveuse, accompagnée d’une guitare subtile et d’un groove hypnotique. Instantanément, le rock anatolien des années 70 se fait sentir, rappelant Barış Manço ou Selda Bağcan, tout en s’insérant dans une modernité proche de Gaye Su Akyol et Derya Yıldırım.
Chanté en turc par Luna Ersahin, le titre évoque l’attente déçue, la première blessure amoureuse, le cri face à l’injustice ignoré. Sa voix incarne ce mélange de vulnérabilité et de retenue, faisant affleurer l’émotion sans jamais la surjouer.
Haydi Gidelim est une traversée entre mémoire et modernité : la chaleur du bois et des cordes dialogue avec une production aérienne, créant une transe douce et hypnotique. Plus qu’un hommage, le morceau réactive les racines et les rend actuelles, transformant le manque en énergie et le silence en invitation à avancer.
À l’écoute, il reste un souffle suspendu, une gorge légèrement sèche, et ce désir irrésistible de repartir – encore.

