Avec Hopeless Romantic son premier EP, l’artiste indie d’Austin fait plus qu’un simple coup d’essai : il installe un univers sonore où guitares rêveuses et poésie mélancolique s’entrelacent, pour donner voix — et corps — à une sensibilité à fleur de peau qui ne manquera pas de vous emporter, tant il brille par le fond et la forme.
Dès l’ouverture avec « Crazy Times », on perçoit cette tension fine entre nostalgie et espoir inquiet — guitare chaleureuse mais tendue, mélodie qui flotte, souffle d’émotion retenue. Rendon mêle les teintes aériennes du dream‑rock aux riffs mordants d’une britpop réinventée, dessinant un horizon sonore à la fois familier et envoûtant.
Le titre « Darling You’re a Star » incarne ce qu’il y a de plus beau dans l’EP : une ballade cosmique, suspendue, où chaque accord résonne comme une déclaration intime — comme une lettre d’amour perdue dans l’univers. La voix, douce et vulnérable, porte les mots avec pudeur, mais sans masquer la profondeur du sentiment.
À l’autre bout du spectre, la pièce finale, « Hopeless Romantic », déploie en six minutes un crescendo lent, organique, faisant tomber les masques pour dévoiler l’âme — avec ses doutes, ses peurs, son désir d’évasion. Le morceau ne se contente pas de raconter : il emporte, transporte, transforme.
Au final, « Hopeless Romantic » est un fragile manifeste — pour les rêveurs, les cœurs dans l’attente, ceux que le monde inquiète. Rendon prouve qu’il sait conjuguer exigence artistique, sensibilité, honnêteté. Et offrir, à ceux qui l’écoutent, un espace où exister autrement — entre lumière et ombre, peur et beauté.

