Dans un paysage électronique souvent saturé de fureur rythmique, le duo Hyperflower — composé de Lorenzo Setti (ATŌMI) et Irene Cavazzoni Pederzini — choisit de suspendre le temps. Avec leur premier single « Hold », le projet s’impose comme une curiosité sonore captivante, évoluant à la lisière du post-humanisme et d’une pop minimaliste d’une grande fragilité.
Plus qu’une simple composition, « Hold » se reçoit comme un manifeste de la « recomposition de soi ». Le morceau explore ce territoire gris qui suit la rupture, qu’elle soit amoureuse ou émotionnelle. C’est l’écho d’un moi épuisé par la tristesse, cherchant à rassembler ses fragments. Ici, la musique ne cherche pas à fuir la douleur, mais à l’habiter pleinement.
La structure, construite autour de boucles hypnotiques semblables à des mantras, invite l’auditeur à l’immobilité. La production mêle des textures rétro-numériques à une voix flottant dans un espace futuriste et solitaire. En refusant l’explosion dramatique au profit d’une tension contenue, le duo parvient à traduire la force nécessaire pour rester dans la chaleur de sa propre étreinte.
Hyperflower signe une œuvre d’une grande maturité émotionnelle. « Hold » est une méditation sonore sur la vulnérabilité, nous rappelant que parfois, l’acte le plus courageux consiste simplement à rester entier au milieu du chaos. Une entrée en matière fascinante qui place déjà ce duo parmi les projets artistiques les plus prometteurs à suivre sans plus tarder.

