Dans le tumulte feutré de la scène indépendante milanaise, Iberico avance à pas mesurés. Avec Scala di cuori, il ne cherche pas l’esbroufe : il installe une atmosphère. Le single, extrait de son futur album Entroterra attendu en 2026, s’écoute comme on entrouvre un journal intime, avec cette sensation rare d’entrer dans une confidence.
Née d’une réflexion personnelle sur les relations et la trahison, la chanson explore ce vertige contemporain : vouloir fuir ailleurs ce que l’on n’a pas encore compris chez soi. Iberico y questionne la tradition sentimentale, ce cadre que l’on croit trop étroit, et cette tentation d’évasion qui ressemble parfois à une illusion. Le propos est délicat, jamais moralisateur, porté par une écriture introspective qui touche sans forcer.
Musicalement, l’héritage des grands auteurs-compositeurs italiens affleure. On pense à Francesco De Gregori, Fabrizio De André, Ivano Fossati, mais aussi à la sensibilité indie de Brunori Sas. Pourtant, Iberico ne copie pas : il digère ces influences pour mieux les réinventer. Sa voix, brute et légèrement voilée, donne au morceau une fragilité presque tactile.
Enregistrée dans l’intimité de sa chambre, autour d’un piano et d’une prise vocale sincère, Scala di cuori cultive un minimalisme assumé. Rien n’est superflu, chaque note semble pesée, chaque silence compte.
Si Entroterra suit cette ligne, Iberico pourrait bien signer l’un des voyages introspectifs les plus sensibles de 2026.

