Il y a des disques qui ne demandent pas l’écoute, mais l’abandon. Le cinquième album de Post Death Soundtrack, IN ALL MY NIGHTMARES I AM ALONE, est de ceux-là. Une plongée sans filtre dans le chaos intérieur, un manifeste brut et viscéral porté par Stephen Moore, qui le décrit comme « un effondrement total en format audio […] avec une percée puissante à la clé ». Influencé par l’honnêteté déchirée de Nirvana ou Jeff Buckley, Moore signe ici une œuvre où la vérité prime sur la forme.
L’ouverture, Good Time Slow Jam, débute dans un souffle. La voix conte, hypnotise, puis les riffs surgissent, sinueux, presque incantatoires. Le titre installe d’emblée un climat de tension créative. A Monolith of Alarms enchaîne, plus frontal : percussions tribales, voix saturée, énergie punk et maîtrise des contrastes. La ballade When the World is Burning Bright glisse ensuite dans l’évanescence, toute en atmosphère, laissant la voix se fondre dans l’instrumentation.
Au milieu de ces ténèbres, quelques éclaircies mélodiques s’imposent. Hypnotizer surprend par sa légèreté pop, ses accents britpop et sa guitare acoustique, presque radiophonique. Reckless Fever prolonge cet élan, dans un folk délicat et lumineux, sublimé par des arrangements vocaux soignés.
Puis l’album se referme sur son titre éponyme, comme une dernière prière sombre, rappelant l’intro de Tremens. Plus qu’un disque, IN ALL MY NIGHTMARES I AM ALONE est une confession. Un témoignage sonore de solitude, de lucidité et de beauté brute.

