Avec « Mass Formation Psychosis », Joel Havea revient avec une audace rare, signant un morceau qui s’impose comme un cri de lucidité dans le silence post‑Covid. Co‑produit à Melbourne avec Toby Dundas du groupe The Temper Trap, le titre mêle des accents folk‑acoustiques intimistes à une tension trip‑hop enveloppante, créant une atmosphère presque cinématographique, sombre et fascinante.
Havea lui-même affirme que la pandémie a marqué notre époque comme aucun autre événement récent, mais que la musique n’en a que trop peu témoigné. Son single prend ainsi la forme d’une réponse — subtile mais incisive — à ce silence artistique.
Dès les premières notes, le morceau installe un climat de malaise, où la guitare discrète se mêle à des nappes sombres et à une voix posée, presque méditative. La tension monte, non par effets spectaculaires, mais par cette immersion dans l’intime et le collectif à la fois. Les paroles interrogent les mécanismes de peur, d’endoctrinement et d’uniformisation des consciences, invitant l’auditeur à réfléchir plutôt qu’à se laisser bercer.
« Mass Formation Psychosis » n’est pas une dénonciation frontale ni une revendication brute. C’est un miroir tendu à notre époque, un espace de catharsis post‑pandémique où l’émotion et l’intellect se rencontrent. Joel Havea y signe un retour musical puissant, fragile et nécessaire, rappelant que certaines vérités méritent d’être écoutées et confrontées.

