Kayla DiVenere ne supplie plus. Elle assène. Dans Drag Me to Hell, dévoilé cette semaine, l’auteure-interprète canadienne signe un uppercut pop empreint de rage lucide, celui que l’on frappe non pas pour blesser, mais pour s’extirper d’un piège affectif. Moins une descente aux enfers qu’un refus obstiné d’y être traînée.
Loin des balades plaintives, ce titre court (2 min 35) frappe par sa tension contenue. Dès les premières mesures, la voix de Kayla se pose comme un cri étouffé qui refuse de se taire. Elle raconte : avoir tout donné – cœur, esprit, âme – à quelqu’un qui n’a su que trahir, manipuler, puis disparaître. Mais ici, pas de misérabilisme. Juste une lucidité froide et une colère maîtrisée. Une forme de revanche douce-amère, qui transforme la douleur en carburant pour l’émancipation.
Drag Me to Hell est le manifeste d’une renaissance post-traumatique, là où la « feminine rage » devient moteur de clarté. Elle ne supplie pas pour être aimée, elle se dresse, déterminée à ne plus jamais être utilisée. Une lettre de rupture à double tranchant : adressée à l’autre, mais surtout à soi.
Entre mélancolie électro et pop viscérale, Kayla DiVenere livre ici son titre le plus personnel à ce jour. Une confession mise à nu, portée par la dignité farouche de celles qui refusent de sombrer.

