Quand les mots s’effacent, Ker laisse parler la musique avec “There Are No Words”. Deuxième extrait de son album à venir Converging Paths, ce nouveau titre confirme une écriture sensible et réfléchie, loin des démonstrations faciles. Ici, tout repose sur l’équilibre, sur une émotion qui se construit par touches successives et s’installe durablement à l’écoute.
Dès l’ouverture, la chanson se déploie dans une atmosphère douce et réconfortante. Le morceau avance avec un balancement délicat, presque introspectif, qui donne à l’ensemble une dimension profondément humaine. Ker y explore l’idée d’une connexion intime, celle qui unit deux êtres sans avoir besoin de formules explicites. Il s’agit bien d’une chanson d’amour, mais débarrassée de ses mots-clés habituels, préférant évoquer “notre chanson” comme un espace partagé où les sentiments se reconnaissent d’eux-mêmes.
La production joue un rôle central dans cette réussite. Jamie Graham, à la batterie et à la production, insuffle une respiration naturelle au morceau, renforçant son caractère apaisant. Les lignes de basse et les claviers de Peter Fairbairn viennent compléter ce tableau sonore avec sobriété, apportant une profondeur chaleureuse qui soutient la voix sans jamais l’éclipser.
“There Are No Words” se distingue aussi par sa portée symbolique. Ker y transforme une relation personnelle en geste artistique universel, sans chercher l’effet ni la grandiloquence. La chanson se conclut sur une image simple et forte : une réponse silencieuse, un sourire complice. Une manière élégante de rappeler que, parfois, la musique suffit à dire l’essentiel. Une chronique intime qui s’écoute et se ressent.

