Le quatuor belge Gros Cœur plonge l’auditeur dans une mer agitée dès les premières secondes avec « La Vague », morceau d’ouverture de leur nouvel album Vague Scélérate (sortie 21 novembre 2025). La basse y trace un riff motorik, implacable — pulsation hypnotique qui rampe à travers le morceau tel un courant souterrain. À cela s’ajoute une guitare saturée, acérée comme une dent de requin, jetant des éclats soniques dans une mer de tension.
Couplée à la batterie, cette basse/guitare forge un véritable “train d’ondes”, chemin sinueux et groovy, prélude à un voyage en mer chahuté — un périple sonore où calme apparent et tempêtes invisibles se succèdent. On a la sensation d’une longue errance marine, avec l’auditeur bercé puis ballotté, emporté dans un flux en constante mutation.
La thématique de l’océan, annoncée ici, irrigue tout l’album. L’écriture du texte, inspirée par l’ondulation du morceau, et le mix — guidé par ce fil aquatique — donnent à « La Vague » une importance singulière dans la discographie du groupe. C’est sans doute le morceau le plus long, le plus ambitieux — celui qui emprunte le plus de chemins de traverse. Chaque virage, chaque atmosphère différente, reste pourtant intriquée à la précédente, forme d’errance cohérente.
On rêve, on dérive, on chavire : « La Vague » ne se contente pas d’être une chanson, c’est un voyage — belle entrée en matière pour un album qui promet grand.

