Une guitare nerveuse, un archet qui griffe le silence et cette voix, à la fois funambule et impitoyable. Avec le titre « Take me as i am », Mary Middlefield ne propose pas seulement une chanson, elle impose une identité. Tiré de son deuxième album Will You Take Me As I Am?, ce morceau agit comme une déflagration de sincérité dans le paysage indie-rock helvétique.
Ancienne prodige du violon classique, l’artiste lausannoise réussit la prouesse de marier la précision du conservatoire à la fureur des amplis saturés. Cette dualité organique définit l’ADN du titre : une ligne de basse pulsionnelle soutient des arrangements de cordes dramatiques, créant une tension qui rappelle les meilleures heures de Phoebe Bridgers ou de PJ Harvey. La production, signée par le label The Orchard, préserve chaque souffle, chaque fêlure, rendant l’écoute presque intrusive.
Thématiquement, l’œuvre est une mise à nu brutale. Mary Middlefield y explore ce besoin viscéral de validation, cette peur de disparaître si l’on n’est pas « choisi ». Pourtant, loin d’être une plainte, le refrain sonne comme un acte d’indépendance radical. « Prends-moi telle que je suis » devient un ultimatum adressé à l’autre, mais aussi à soi-même.
Saluée par la BBC Radio 6 et Wonderland, l’artiste confirme ici son statut de révélation. Ce morceau est le portrait d’une musicienne qui a cessé de demander la permission pour exister. Une chronique du désordre amoureux, nécessaire et magnifiquement sauvage.

