Avec la sortie de son troisième album, Ambiguous Desire, Arlo Parks opère une métamorphose fascinante. L’icône de la « bedroom pop » délaisse la douceur acoustique pour l’effervescence des nuits new-yorkaises. Ce virage électronique, né d’une collaboration avec le producteur Baird, marque une rupture audacieuse tout en conservant l’essence poétique de l’artiste britannique.
L’album s’ouvre sur des textures synthétiques et des rythmes UK garage, comme le prouve le vibrant single « Get Go ». Parks explore une palette sonore plus froide qui contraste avec la chaleur de sa voix. Sur le titre « Senses », en duo avec Sampha, la vulnérabilité de son écriture rappelle pourquoi elle a conquis le Mercury Prize : transformer le doute en mélodie universelle.
La critique s’est montrée globalement séduite par cette audace, l’album affichant un score de 77/100 sur Metacritic. Si la revue Pitchfork tempère son enthousiasme avec une note de 7.1/10, saluant l’incursion réussie dans la culture club tout en notant une certaine répétitivité en fin de disque, d’autres saluent un renouveau nécessaire. Le cœur du projet bat sur « 2SIDED », un morceau disco-funk qui illustre parfaitement cette nouvelle direction.
Ambiguous Desire est l’album du mouvement. En troquant ses guitares pour des échantillonneurs, Arlo Parks prouve qu’elle est une artiste en perpétuelle évolution, capable de capturer l’ambiguïté des désirs modernes sous les néons de la ville. Malgré quelques réserves sur la structure globale, l’œuvre demeure nocturne, audacieuse et profondément humaine. Une transition réussie pour celle qui refuse de rester figée dans un genre.

